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" -Où va-t-on mademoiselle ? -Dans les étoiles "

" -Où va-t-on mademoiselle ? -Dans les étoiles "
On n'empêche jamais un coeur d'aimer, et surtout pas le mien.

<< Pendant un bref moment, tout était différent, quelque chose s'était établie, quelque chose de profond. Le temps s'était arrêté, les mouvements aussi. On a tous ressenti cette connivence, et la vie a repris son cours. >>

C'était un jour d'automne, et je me rappelle exactement du temps qu'il faisait, à croire que tout m'avait marqué ce jour là. Il y avait des nuages, mais le vent qui soufflait n'avait rien d'agressif, au contraire, il soulevait mes cheveux que j'avais relevés avec précision ce matin-là. La pluie était tombée toute la semaine, et tout semblait vivre sous l'eau, tout scintillait. C'était comme si tout avait pris une nouvelle forme. La forme de la magie. A présent il se tenait à moins de deux mètres de moi, je me souviens tellement bien, cette image m'a traversée toute ma vie, et ne m'a jamais plus lâchée. Elle se tenait à moi, et s'agrippait, comme un mort qui s'accroche à la vie, seulement aujourd'hui elle me donnait envie d'avancer, et non plus de reculer. Je me souviens, il portait un jean défoncé, et des baskets blanches toutes pourries. Et je ne saurais même plus vous dire pourquoi, je me rappelle de cet instant plus que de tous les autres. J'ai beau chercher, je ne retrouve rien. Ou plutôt je retrouve trop, trop de choses qui pourraient correspondre. Comme la façon dont il s'est avancé vers moi et m'a prise contre lui, et je crois que jamais personne ne m'a refait vivre un moment de plénitude pareil de toute ma vie. Il m'a serré contre lui, il sentait quelque chose de différent, de complètement opposé. Mon coeur battait tellement fort, et pourtant je sentais son souffle, sa respiration. Il était comme attaché à moi, accroché à mon corps. Puis il a lentement passé sa main dans mes cheveux, il a plongé ses yeux dans les miens. Il avait ce regard détaché. Il m'a regardé, ses yeux ont transpercés les miens. Je crois qu'il a été la seule personne a entrer à ce point là en moi. C'est bête à dire, mais c'était le seul à qui j'aurais pu me livrer entière, corps et âme. C'est comme quand tu écoutes une musique, des années après, une musique qui représente un instant, un moment précis, un geste ou une image. Oui, ça fait cet effet là. Seulement, je n'avais aucun morceau pour me rappeler, j'avais seulement son visage, resté intact, il me restait aussi peut être l'odeur de la pluie, le bruit du vent dans les branches, et la lumière qui se reflétait dans les flaques, mais il me restait surtout, cet étrange sentiment de bonheur qui fait mal. Et nous sommes restés comme ça, quelques secondes, peut être une minute, mais peu importe, c'était lui et moi.

Aujourd'hui c'est l'été 2007 qui me revient. La liberté dans cette maison. Mes larmes sur la terrasse. Le soleil sur l'herbe verte...

# Posté le mercredi 06 août 2008 11:28

Modifié le dimanche 29 mars 2009 07:10

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